Annonces
       

Quelques ouvrages et articles pour aller plus loins...

 
CHARTE & CODE
Code et Charte
Refermer tout | Développer tout

Charte mondiale pour les patients en psychothérapie

1. Droit à la dignité et au respect
Quelle que soit sa demande ou son état psychique, la personne en psychothérapie a droit au respect, à la dignité et à l’intégrité de sa personne physique et mentale, sans discrimination d’aucune sorte.

2. Droit au libre choix
La personne en psychothérapie a le droit de choisir librement sa méthode et son psycho-thérapeute et de modifier ce choix, s’il l’estime nécessaire.

3. Droit à l’information
La personne en psychothérapie a le droit de connaître la ou les méthode(s) employée(s) par le psychothérapeute, ainsi que sa qualification, sa formation et son affiliation professionnelle.

4. Conditions de la thérapie
Les conditions de la thérapie doivent être précisées avant tout engagement :
les modalités (verbale, émotionnelle, corporelle…), la durée et la fréquence des séances, la durée présumée du traitement et ses conditions de prolongation ou d’arrêt, le coût financier (honoraires, prise en charge éventuelle, conditions d’assurance, règlement des séances manquées).

5. Droit à la confidentialité
Le psychothérapeute doit s’engager, auprès de la personne en thérapie, au secret professionnel absolu, concernant tout ce qui lui est confié au cours de la thérapie. Cette confidentialité est une condition indispensable à la relation thérapeutique. Elle est limitée par les dispositions légales en vigueur.

6. Engagement déontologique du psychothérapeute
Le praticien est tenu de respecter le code de déontologie de son organisme professionnel de référence. Ce code est communiqué sur simple demande.
Le psychothérapeute est dans l’obligation d’assumer ses responsabilités : il doit s’engager à ne pas utiliser la confiance établie à des fins de manipulation politique, sectaire ou personnelle (dépendance émotionnelle, intérêts économiques, relations sexuelles…).

7. Procédure de doléance
En cas de plainte ou de réclamation, la personne en psychothérapie peut s’adresser à des organismes professionnels de recours ou à la Justice.


Cette Charte est appelée à une diffusion aussi large que possible

 

Cette Charte avait été élaborée par la Fédération Française de Psychothérapie (FFdP) à l’occasion de ses États généraux, en mai 2001. Elle a été votée par le WCP, sur proposition de la France, le 14 juillet 2002 (avec de légères modifications) lors de l’Assemblée générale de ses membres, réunie pendant le 3e Congrès mondial de Psychothérapie, à Vienne (Autriche) - congrès qui a réuni 4 000 psychothérapeutes de 80 pays de tous les continents.

 

 

Code de déontologie des psychologues - I Principes généraux

PRÉAMBULE

Le respect de la personne humaine dans sa dimension psychique est un droit inaliénable. Sa reconnaissance fonde l'action des psychologues. Le présent Code de Déontologie est destiné à servir de règle professionnelle aux hommes et aux femmes qui ont le titre de psychologue, quels que soient leur mode d'exercice et leur cadre professionnel, y compris leurs activités d'enseignement et recherche. Sa finalité est avant tout de protéger le public et les psychologues contre les mésusages de la psychologie et contre l'usage de méthodes et techniques se réclamant abusivement de la psychologie. Les organisations professionnelles signataires du présent Code s'emploient à le faire connaître et respecter. Elles apportent dans cette perspective, soutien et assistance à leurs membres. L'adhésion des psychologues à ces organisations implique leur engagement à respecter les dispositions du Code.


TITRE I - PRINCIPES GÉNÉRAUX

La complexité des situations psychologiques s'oppose à la simple application systématique de règles pratiques. Le respect des règles du présent Code de Déontologie repose sur une réflexion éthique et une capacité de discernement, dans l'observance des grands principes suivants:

1/ Respect des droits de la personne
Le psychologue réfère son exercice aux principes édictés par les législations nationale, européenne et internationale sur le respect des droits fondamentaux des personnes, et spécialement de leur dignité, de leur liberté et de leur protection. Il n'intervient qu'avec le consentement libre et éclairé des personnes concernées. Réciproquement, toute personne doit pouvoir s'adresser directement et librement à un psychologue. Le psychologue préserve la vie privée des personnes en garantissant le respect du secret professionnel, y compris entre collègues. Il respecte le principe fondamental que nul n'est tenu de révéler quoi que ce soit sur lui-même.

2/ Compétence
Le psychologue tient ses compétences de connaissances théoriques régulièrement mises à jour, d'une formation continue et d'une formation à discerner son implication personnelle dans la compréhension d'autrui. Chaque psychologue est garant de ses qualifications particulières et définit ses limites propres, compte tenu de sa formation et de son expérience. Il refuse toute intervention lorsqu'il sait ne pas avoir les compétences requises.

3/ Responsabilité
Outre les responsabilités définies par la loi commune, le psychologue a une responsabilité professionnelle. Il s'attache à ce que ses interventions se conforment aux règles du présent Code. Dans le cadre de ses compétences professionnelles, le psychologue décide du choix et de l'application des méthodes et techniques psychologiques qu'il conçoit et met en oeuvre. Il répond donc personnellement de ses choix et des conséquences directes de ses actions et avis professionnels.

4/ Probité
Le psychologue a un devoir de probité dans toutes ses relations professionnelles. Ce devoir fonde l'observance des règles déontologiques et son effort continu pour affiner ses interventions, préciser ses méthodes et définir ses buts.

5/ Qualité scientifique
Les modes d'intervention choisis par le psychologue doivent pouvoir faire l'objet d'une explicitation raisonnée de leurs fondements théoriques et de leur construction. Toute évaluation ou tout résultat doit pouvoir faire l'objet d'un débat contradictoire des professionnels entre eux.

6/ Respect du but assigné
Les dispositifs méthodologiques mis en place par le psychologue répondent aux motifs de ses interventions, et à eux seulement. Tout en construisant son intervention dans le respect du but assigné. le psychologue doit donc prendre en considération les utilisations possibles qui peuvent éventuellement en être faites par des tiers.

7/ Indépendance professionnelle
Le psychologue ne peut aliéner l'indépendance nécessaire à l'exercice de sa profession sous quelque forme que ce soit.

CLAUSE DE CONSCIENCE
Dans toutes les circonstances où le psychologue estime ne pas pouvoir respecter ces principes. il est en droit de faire jouer la clause de conscience.

 

 

Code de déontologie des psychologues - II L'exercice professionnel

CHAPITRE 1: LE TITRE DE PSYCHOLOGUE ET LA DÉFINITION DE LA PROFESSION

Article 1 - L'usage du titre de psychologue est défini par la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 publiée au J.O. du 26 juillet 1985. Sont psychologues les personnes qui remplissent les conditions de qualification requises dans cette loi. Toute forme d'usurpation du titre est passible de poursuites.

Article 2 - L'exercice professionnel de la psychologie requiert le titre et le statut de psychologue.

Article 3 - La mission fondamentale du psychologue est de faire reconnaître et respecter la personne dans sa dimension psychique. Son activité porte sur la composante psychique des individus, considérés isolément ou collectivement.

Article 4 - Le psychologue peut exercer différentes fonctions à titre libéral, salarié ou d'agent public. Il peut remplir différentes missions, qu'il distingue et fait distinguer, comme le conseil, l'enseignement de la psychologie, l'évaluation, l'expertise, la formation. la psychothérapie. la recherche, etc. Ces missions peuvent s'exercer dans divers secteurs professionnels.


CHAPITRE 2 : LES CONDITIONS DE L'EXERCICE DE LA PROFESSION

Article 5 - Le psychologue exerce dans les domaines liés à sa qualification, laquelle s'apprécie notamment par sa formation universitaire fondamentale et appliquée de haut niveau en psychologie, par des formations spécifiques, par son expérience pratique et ses travaux de recherche. Il détermine l'indication et procède a la réalisation d'actes qui relèvent de sa compétence.

Article 6 - Le psychologue fait respecter la spécificité de son exercice et son autonomie technique. Il respecte celles des autres professionnels.

Article 7 - Le psychologue accepte les missions, qu'il estime, compatibles avec ses compétences, sa technique, ses fonctions, et qui ne contreviennent ni aux dispositions du présent Code, ni aux dispositions légales en vigueur.

Article 8 - Le fait pour un psychologue d'être lié dans son exercice professionnel par un contrat ou un statut à toute entreprise privée ou tout organisme public, ne modifie pas ses devoirs professionnels, et en particulier ses obligations concernant le secret professionnel et l'indépendance du choix de ses méthodes et de ses décisions. Il fait état du Code de Déontologie dans l'établissement de ses contrats et s'y réfère dans ses liens professionnels.

Article 9 - Avant toute intervention, le psychologue s'assure du consentement de ceux qui le consultent ou participent à une évaluation, une recherche ou une expertise. Il les informe des modalités, des objectifs et des limites de son intervention. Les avis du psychologue peuvent concerner des dossiers ou des situations qui lui sont rapportées, mais son évaluation ne peut porter que sur des personnes ou des situations qu'il a pu examiner lui-même. Dans toutes les situations d'évaluation, quel que soit le demandeur, le psychologue rappelle aux personnes concernées leur droit à demander une contre-évaluation. Dans les situations de recherche, il les informe de leur droit à s'en retirer à tout moment. Dans les situations d'expertise judiciaire, le psychologue traite de façon équitable avec chacune des parties et sait que sa mission a pour but d'éclairer la justice sur la question qui lui est posée et non d'apporter des preuves.

Article 10 - Le psychologue peut recevoir, à leur demande, des mineurs ou des majeurs protégés par la loi. Son intervention auprès d'eux tient compte de leur statut, de leur situation et des dispositions légales en vigueur. Lorsque la consultation pour des mineurs ou des majeurs protégés par la loi est demandée par un tiers, le psychologue requiert leur consentement éclairé, ainsi que celui des détenteurs de l'autorité parentale ou de la tutelle.

Article 11 - Le psychologue n'use pas de sa position à des fins personnelles. de prosélytisme ou d'aliénation d'autrui. Il ne répond pas à la demande d'un tiers qui recherche un avantage illicite ou immoral, ou qui fait acte d'autorité abusive dans le recours à ses services. Le psychologue n'engage pas d'évaluation ou de traitement impliquant des personnes auxquelles il serait déjà personnellement lié.

Article 12 - Le psychologue est seul responsable de ses conclusions. Il fait état des méthodes et outils sur lesquels il les fonde, et il les présente de façon adaptée à ses différents interlocuteurs, de manière à préserver le secret professionnel. Les intéressés ont le droit d'obtenir un compte-rendu compréhensible des évaluations les concernant, quels qu'en soient les destinataires. Lorsque ces conclusions sont présentées à des tiers, elles ne répondent qu'à la question posée et ne comportent les éléments d'ordre psychologique qui les fondent que si nécessaire.

Article 13 - Le psychologue ne peut se prévaloir de sa fonction pour cautionner un acte illégal, et son titre ne le dispense pas des obligations de la loi commune. Conformément aux dispositions de la loi pénale en matière de non assistance à personne en danger, il lui est donc fait obligation de signaler aux autorités judiciaires chargées de l'application de la Loi toute situation qu'il sait mettre en danger l'intégrité des personnes. Dans le cas particulier où ce sont des informations à caractère confidentiel qui lui indiquent des situations susceptibles de porter atteinte à l'intégrité psychique ou physique de la personne qui le consulte ou a celle d'un tiers, le psychologue évalue en conscience la conduite à tenir, en tenant compte des prescriptions légales en matière de secret professionnel et d'assistance à personne en danger. Le psychologue peut éclairer sa décision en prenant conseil auprès de collègues expérimentés.

Article 14 - Les documents émanant d'un psychologue (attestation. bilan, certificat, courrier, rapport, etc.) portent son nom, l'identification de sa fonction ainsi que ses coordonnées professionnelles, sa signature et la mention précise du destinataire. Le psychologue n'accepte pas que d'autres que lui-même modifient, signent ou annulent les documents relevant de son activité professionnelle. Il n'accepte pas que ses comptes-rendus soient transmis sans son accord explicite, et il fait respecter la confidentialité de son courrier.

Article 15 - Le psychologue dispose sur le lieu de son exercice professionnel d'une installation convenable, de locaux adéquats pour permettre le respect du secret professionnel, et de moyens techniques suffisants en rapport avec la nature de ses actes professionnels et des personnes qui le consultent.

Article 16 - Dans le cas où le psychologue est empêché de poursuivre son intervention. il prend les mesures appropriées pour que la continuité de son action professionnelle soit assurée par un collègue, avec l'accord des personnes concernées, et sous réserve que cette nouvelle intervention soit fondée et déontologiquement possible.


CHAPITRE 3 : LES MODALITÉS TECHNIQUES DE L'EXERCICE PROFESSIONNEL

Article 17 - La pratique du psychologue ne se réduit pas aux méthodes et aux techniques qu'il met en oeuvre. Elle est indissociable d'une appréciation critique et d'une mise en perspective théorique de ces techniques.

Article 18 - Les techniques utilisées par le psychologue pour l'évaluation, à des fins directes de diagnostic d'orientation ou de sélection, doivent avoir été scientifiquement validées.

Article 19 - Le psychologue est averti du caractère relatif de ses évaluations et interprétations. Il ne tire pas de conclusions réductrices ou définitives sur les aptitudes ou la personnalité des individus, notamment lorsque ces conclusions peuvent avoir une influence directe sur leur existence.

Article 20 - Le psychologue connaît les dispositions légales et réglementaires issues de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. En conséquence, il recueille, traite, classe, archive et conserve les informations et données afférentes à son activité selon les dispositions en vigueur. Lorsque ces données sont utilisées à des fins d'enseignement, de recherche. de publication, ou de communication, elles sont impérativement traitées dans le respect absolu de l'anonymat, par la suppression de tout élément permettant l'identification directe ou indirecte des personnes concernées, ceci toujours en conformité avec les dispositions légales concernant les informations nominatives.


CHAPITRE 4 : LES DEVOIRS DU PSYCHOLOGUE ENVERS SES COLLÈGUES

Article 21 - Le psychologue soutient ses collègues dans l'exercice de leur profession et dans l'application et la défense du présent Code. Il répond favorablement à leurs demandes de conseil et les aide dans les situations difficiles. notamment en contribuant à la résolution des problèmes déontologiques.

Article 22 - Le psychologue respecte les conceptions et les pratiques de ses collègues pour autant qu'elles ne contreviennent pas aux principes généraux du présent Code ; ceci n'exclut pas la critique fondée.

Article 23 - Le psychologue ne concurrence pas abusivement ses collègues et fait appel à eux s'il estime qu'ils sont plus à même que lui de répondre à une demande.

Article 24 - Lorsque le psychologue remplit une mission d'audit ou d'expertise vis-à-vis de collègues ou d'institutions, il le fait dans le respect des exigences de sa déontologie.


CHAPITRE 5 : LE PSYCHOLOGUE ET LA DIFFUSION DE LA PSYCHOLOGIE

Article 25 - Le psychologue a une responsabilité dans la diffusion de la psychologie, auprès du public et des médias. Il fait de la psychologie et de ses applications une présentation en accord avec les règles déontologiques de la profession. Il use de son droit de rectification pour contribuer au sérieux des informations communiquées au public.

Article 26 - Le psychologue n'entre pas dans le détail des méthodes et techniques psychologiques qu'il présente au public, et il l'informe des dangers potentiels d'une utilisation incontrôlée de ces techniques.

 

 

Code de déontologie des psychologues - III La formation du psychologue

CHAPITRE 1 : LES PRINCIPES DE LA FORMATION

Article 27 - L'enseignement de la psychologie à destination des futurs psychologues respecte les règles déontologiques du présent Code. En conséquence, les institutions de formation :

- diffusent le Code de Déontologie des Psychologues aux étudiants dès le début des études,

- s'assurent de l'existence de conditions permettant que se développe la réflexion sur les questions d'éthique liées aux différentes pratiques : enseignement et formation, pratique professionnelle, recherche.

Article 28 - L'enseignement présente les différents champs d'étude de la psychologie, ainsi que la pluralité des cadres théoriques, des méthodes et des pratiques, dans un souci de mise en perspective et de confrontation critique. Il bannit nécessairement l'endoctrinement et le sectarisme.

Article 29 - L'enseignement de la psychologie fait une place aux disciplines qui contribuent à la connaissance de l'homme et au respect de ses droits, afin de préparer les étudiants à aborder les questions liées à leur futur exercice dans le respect des connaissances disponibles et des valeurs éthiques.


CHAPITRE 2 : CONCEPTION DE LA FORMATION

Article 30 - Le psychologue enseignant la psychologie ne participe pas à des formations n'offrant pas de garanties sur le sérieux des finalités et des moyens. Les enseignements de psychologie destinés à la formation continue des psychologues ne peuvent concerner que des personnes ayant le titre de psychologue. Les enseignements de psychologie destinés à la formation de professionnels non psychologues observent les mêmes règles déontologiques que celles énoncées aux articles 27, 28 et 32 du présent Code.

Article 31 - Le psychologue enseignant la psychologie veille a ce que ses pratiques, de même que les exigences universitaires (mémoires de recherche, stages professionnels, recrutement de sujets, etc.), soient compatibles avec la déontologie professionnelle. Il traite les informations concernant les étudiants acquises à l'occasion des activités d'enseignement, de formation ou de stage, dans le respect des articles du Code concernant les personnes.

Article 32 - Il est enseigné aux étudiants que les procédures psychologiques concernant l'évaluation des individus et des groupes requièrent la plus grande rigueur scientifique et éthique dans leur maniement (prudence, vérification) et leur utilisation (secret professionnel et devoir de réserve), et que les présentations de cas se font dans le respect de la liberté de consentir ou de refuser, de la dignité et du bien-être des personnes présentées.

Article 33 - Les psychologues qui encadrent les stages, à l'Université et sur le terrain, veillent à ce que les stagiaires appliquent les dispositions du Code, notamment celles qui portent sur la confidentialité, le secret professionnel, le consentement éclairé. Ils s'opposent à ce que les stagiaires soient employés comme des professionnels non rémunérés. Ils ont pour mission de former professionnellement les étudiants, et non d'intervenir sur leur personnalité.

Article 34 - Conformément aux dispositions légales, le psychologue enseignant la psychologie n'accepte aucune rémunération de la part d'une personne qui a droit à ses services au titre de sa fonction universitaire 11 n'exige pas des étudiants qu'ils suivent des formations extra universitaires payantes ou non, pour l'obtention de leur diplôme. Il ne tient pas les étudiants pour des patients ou des clients. Il n'exige pas leur participation gratuite ou non, à ses autres activités, lorsqu'elles ne font pas explicitement partie du programme de formation dans lequel sont engagés les étudiants.

Article 35 - La validation des connaissances acquises au cours de la formation initiale se fait selon des modalités officielles. Elle porte sur les disciplines enseignées à l'Université, sur les capacités critiques et d'auto-évaluation des candidats, et elle requiert la référence aux exigences éthiques et aux règles déontologiques des psychologues.

 

 

 
ARTICLES PSY
Code et Charte
Refermer tout | Développer tout

Petit historique de la psychologie

Au commencement était la perception

Science de la psyché, science de l’âme pour les Anciens, la psychologie est aujourd’hui presque impossible à circonscrire de manière exhaustive, tant elle s’est développée durant le siècle dernier selon une arborescence aux ramifications nombreuses. En tant que science, la psychologie est très jeune, (rappelons qu’en France la licence de psychologie existe depuis 1948 et le titre de psychologue depuis 1986), alors qu’en tant que connaissance de l’homme elle est aussi âgée que la philosophie. Durant cette époque elle découlait des grands systèmes métaphysiques.

La psychologie est devenue une discipline à part entière en se distinguant de la philosophie, dans le courant du XIXème siècle, depuis des dissensions théoriques concernant le concept de perception. Les théoriciens de l’époque se sont alors interrogés, dans de vifs débats et par ouvrages interposés, sur l’origine de la perception ; concept fondamental qui organise le rapport de l’homme au monde phénoménal et articule des notions telles que la sensation, la mémoire, l’intelligence, l’instinct, la volonté,… Comment expliquer la perception ? Le fait de percevoir, était-il le produit d’une causalité physique qui aurait une organisation de type mécanique ou bien devait-il être appréhendé en terme de conscience, selon un rapport du tout organisant les éléments ?

Ces divergences de point de vue ont produit, depuis le milieu du XIXème siècle, une fécondité de courants de pensée (gestaltthéoricien, phénoménologique, scientifique, clinique, psychanalytique), desquels ont découlés différentes théories et dispositifs thérapeutiques. Ces théories fondatrices, qui ont permis à la psychologie de ce définir un champ spécifique, autonome par rapport à la philosophie et à la science expérimentale, ont initiées à leur tour une multitude d’écoles, de mouvements et de méthodes.
Ainsi, si l’on peut définir la psychologie comme une science s’intéressant à la dimension psychologique de l’être humain, force nous est de constater qu’il existe en réalité aujourd’hui des pratiques psychologiques très différentes.

En fonction de son champ d’investigation, du type de population à laquelle elle s’adresse et de la théorie qui la sous-tend, chaque discipline psychologique trouve sa cohérence propre qui lui permet d’obtenir des résultats probants sinon significatifs.


LES COURANTS FONDATEURS

Les courants théoriques fondateurs de la psychologie, que nous exposons ici d’une façon très succincte, ne sont pas aussi séparés qu’ils pourraient le paraître. Différentes avancées théoriques et expérimentales se sont succédées et enrichies les unes des autres. Cet exposé nous permettra par la suite de mieux situer notre approche par rapport à l’idéologie qui la fonde.


Le courant de la GESTALTTHEORIE

(W. Wundt, F.Brentano, Husserl – Ecole de Graz)


Ce courant affirme le primat de la conscience dans l’étude des mécanismes psychologiques.
Deux tendances se sont affrontés (associationniste - élémentariste et gestaltthéoricienne) qui posaient la question de la spécificité et de l’autonomie du psychisme par rapport aux conditionnements psychophysiologiques. Ce courant s’est divisé en deux branches : une expérimentale (Wundt) et une phénoménologique (Brentano, Husserl).

L’activité structurante à l’œuvre dans la perception est ici nommée Gestalt (forme). Le fond est le produit d’associations cérébrales, qui associe des éléments divers en un tout unifié. La forme est le propre de l’activité du sujet, indépendante du fond neurophysiologique. Ce fond tient à la nature psychique de l’homme. C’est à partir de l’école de Graz qu’a été fondé la « psychologie de la forme ».

Les lois énoncées par ce courant, toujours d’actualité, ont servis de bases théoriques à de nombreux travaux, modèles et pratiques ultérieurs (Piaget, assimilation/accommodation ; K. Lewin, dynamique de groupe ; Perls, névrose ; Szondi, moi pontifex ; Lévi-Strauss, structure en éthologie ; Lacan, structure en psychologie ; Bateson, système ; Berne, transaction ; …).

Concepts principaux : forme, fond, unité, indivisibilité du psychisme.


Le courant de la PHENOMENOLOGIE

(F. Brentano - Husserl, Heidegger)


Ce courant affirme la prépondérance de la relation conscience/monde comme fondatrice de toute connaissance psychologique. Ce courant se distingue à la fois de traditions philosophiques qui envisagent la conscience comme isolée du monde et de courants scientifiques qui font de l’objet et du monde un univers de choses. Il s’est développé selon trois branches successives : philosophique (Husserl), psychologique (Brentano) et existentialiste (Heidegger).

Globalement, la phénoménologie définie le sujet et le monde comme se constituant mutuellement, dans une relation ouverte, dite intentionnelle. Pour la phénoménologie, la conscience humaine ne saurait être réduite à un objet comme les autres. Le savoir psychologique, proprement dit, ne s’établit que s’il abolit la conscience, l’intentionnalité et l’existence, il n’y a par conséquence de science que de l’objet, or l’homme ne saurait être réductible à un objet étant également sujet de son expérience.
Ce courant maintient une dialectique de l’objectif et du subjectif, de la science et de la philosophie.

Concepts principaux: intentionnalité, relation conscience/monde, présence, existence, temps, espace.


Le courant EXPERIMENTAL

(Fechner, Wundt – Pavlov, Watson)


Ce courant considère la psychologie comme une science qui se construit exclusivement sur la base d’observation et d’expérimentation. Son option méthodologique est que le psychisme doit être soumis à l’épreuve de faits établis objectivement afin de les vérifier, voire de les reproduire en laboratoire.

Il s’est développé selon deux branches : psychoréflexologie ou réflexe conditionné (Pavlov) et béhaviorisme ou comportemen-talisme (Watson).
Cette approche « physiologiste » de la psychologie et ses présupposés scientistes, notamment en réduisant des actes complexes à leurs comportements élémentaires et en laissant de coté la part subjective de l’être, ont permis à la psychologie de se revendiquer totalement comme une science.
Au fondement de la psychologie expérimentale et scientifique moderne, le courant expérimental refuse tout principe philosophique en psychologie.

Le courant néobéhavioriste qui le prolonge tentera partiellement de sortir de ce dualisme qui privilégie exclusivement le corps en niant toute conscience, vécu ou dimension symbolique, en réintroduisant une psychologie sur des bases expérimentales.

Concepts principaux: comportement, apprentissage, conditionnement, environnement, stimulus/réponse, acquis.


Le courant CLINICIEN

(Ribot, Charcot – Janet, Dumas)


Ce courant se réclame à la fois de la science et de la philosophie en cherchant à concilier les exigences de l’observation avec celle de la compréhension. Il met en œuvre une façon nouvelle d’analyse des faits psychiques, vus alors sous l’angle de la maladie mentale et de la vie affective.

C’est à partir des limites du béhaviorisme que s’est constitué ce courant, qui accorde la priorité à l’identité d’un sujet, à son vécu et son ressenti, sur les considérations théoriques. Son approche est plus pragmatique dans sa volonté affichée de soigner et de guérir.

De ce courant naît une nouvelle discipline, la psychopathologie, qui réintroduit la folie à travers la lecture de symptômes qui désormais ont un sens.

Concepts principaux : psychopathologie, forces psycholo-giques, expérience, normal, pathologie, compréhension (opposé à explication).


Le courant PSYCHANALYTIQUE

(Charcot, Freud, Breuer)


Ce courant fonde une nouvelle épistémologie qui a pour effet une véritable révolution des consciences. C’est une psychologie radicalement novatrice qui remet en question le savoir médical, psychologique et psychiatrique de l’époque. Ne se fondant directement ni sur la science ni sur la philosophie, elle met à jour l’importance des traumatismes de l’enfance dans la constitution symptomatologique de l’adulte et la fonction prépondérante de la sexualité dans la constitution de l’identité et de la personnalité.

Elle inaugure une approche radicalement novatrice en instaurant l’inconscient comme à l’origine de tous phénomènes psychologiques.

Ses apports théoriques et cliniques, même ceux de ses dissidents (Jung et Reich notamment), ont imprégnés progressivement la quasi-totalité des champs de la psychologie et de la psychopathologie, à tel point qu’on ne saurait aujourd’hui envisager une étude clinique sérieuse sans faire appel, de près ou de loin, à ses concepts.

Concepts principaux: inconscient, pulsion, instances, oedipe, symptôme, névrose, désir.


Chaque courant a développé des ramifications qui sont autant d’écoles, de méthodes et de pratiques qui ont progressivement investies toutes les strates de la société.

A travers ces différents courants, nous voyons bien qu’il n’existe pas une psychologie ayant un savoir en propre et partagé par tous, mais plutôt des psychologies dont chacune trouve sa propre cohérence selon le point de vue adopté initialement. Ainsi, aucune des pratiques découlant de ses théories ne peut se prévaloir d’une vision exhaustive.
Bien entendu, la psychologie a continué et continu encore aujourd’hui d’évoluer à travers ses différents acteurs.

 

 

Le courant Humaniste, une approche non-directive

Humanisme et pragmatisme

Dans l’approche clinique, le terme « humaniste » est plus particulièrement associé aux travaux de C. Rogers et A. Maslow. Dans la réalité ce terme regroupe une pluralité de méthodes qui se distinguent d’autres méthodes d’approche plus « pragmatique ».
La visée de l’approche humaniste concerne une réorganisation, dans les profondeurs du psychisme, des processus de pensée. Son action n’est pas immédiatement visible, à l’inverse d’une approche pragmatique qui elle vise le changement rapide de comportement.
Les techniques de l’approche humaniste se fondent sur l’interlocution et la production d’un discours livré aux associations d’idées ou images mentales. A l’inverse, l’approche pragmatique suit un canevas préétablit (de déconditionnement / reconditionnement) sensé garantir la disparition du symptôme.
L’approche humaniste ne propose aucune garantie de réussite car elle considère le symptôme comme une mise en sens que doit s’approprier la personne afin d’accéder à une meilleur connaissance d’elle-même. Dans cette approche, la disparition du symptôme n’est qu’un bénéfice parmi d’autres résultant d’une réappropriation de soi. A l’inverse, l’approche pragmatique n’a de priorité que la disparition du symptôme, sans s’occuper du sens ou de la fonction que celui-ci peut avoir dans l’économie psychique du sujet.


Une approche non directive

Le concept de « non-directivité » a été progressivement élaboré par C. Rogers, à partir des années 30. Par la suite, du fait de déformations possibles, il l’a remplacé par la notion « d’attitude centrée sur la personne ».
Cette approche a été développée consécutivement à son éloignement des concepts psychanalytiques, de son point de vue trop centrés sur les notions de conflits sexuels et d’interprétation. Elle n’est pas à proprement parler une théorie dans la mesure où il l’a conçue au fur et à mesure de sa pratique en consultation d’enfants et d’adolescents. Son élaboration théorique s’est constituée au fil de sa pratique.

La non directivité, par opposition à la directivité (qui n’est pas à confondre avec l’influence ou la non influence) implique la participation de la personne au processus thérapeutique.

Cette approche s’étaye avant tout sur l’attitude du thérapeute vis-à-vis de son client, qui le considère comme foncièrement digne de confiance, autonome et responsable. Elle met la personne en position d’acteur, dans la mesure où nous considérons que la personne « sait » ce qui la trouble et quels sont les conflits psychologiques qui sous-tendent ces troubles. Nous considérons qu’elle peut par elle-même accéder à cette connaissance, pour peu qu’elle soit aidée dans ce sens.

L’idée centrale est de considérer que la personne en thérapie non directive est maître de sa propre évolution, en générale ainsi que dans le décours de sa thérapie. Elle part du principe qu’une personne peut résoudre ses propres conflits dans la mesure où le thérapeute centre son écoute, non pas sur une théorie de la personne, mais véritablement sur son expérience et son vécu, dans lequel le thérapeute doit savoir s’immerger.

Ainsi l’attitude du thérapeute consiste, non pas à diriger la personne vers ce qui lui apparaît pertinent qu’elle découvre sur elle-même, mais à l’accompagner pas à pas dans son élaboration et ses prises de consciences successives, dans le but de l’aider à réorganiser, selon ses propres objectifs, sa personnalité.

Il se donne pour objectif de mobiliser les forces de changement à la faveur d’une attitude d’écoute particulière, radicalement différente de l’écoute neutre, flottante et interprétative du psychanalyste.


Une éthique de l'être humain

La mise en œuvre d’une telle pratique suppose le suivit de principes essentiels qui fondent la démarche du thérapeute humaniste.
Ainsi il considère que :

Tout être humain doué de sens et de raison a la capacité de ressentir
et de comprendre la source de ses souffrances et de son trouble.

Cette capacité globale de compréhension lui permet, s’il est aidé et soutenu dans sa démarche, de mobiliser les ressources nécessaires pour se réorganiser.

La capacité « d’auto organisation » ou « d’actualisation de sa spécificité » est
inhérente à la condition humaine et participe d’un dynamisme vital
par lequel tout être humain tend à actualiser son potentiel,
c'est-à-dire à pourvoir à ses besoins et aspirations essentielles.

Une écoute authentique

Le thérapeute non-directif développe une attitude véritablement centrée sur la personne, en se positionnant à la fois comme congruent, empathique et inconditionnellement acceptant vis-à-vis de la personne en thérapie.

L’écoute est dite empathique lorsque qu’elle s’effectue en percevant la problématique de la personne depuis son propre point de vue, de ce qu’elle vit, exprime et ressent au fur et à mesure de son expression.

Du fait de son acceptation inconditionnelle, le thérapeute ne s’autorise aucun jugement, ni aucune interprétation et met entre parenthèse son pouvoir d’influence ou de critique, c'est-à-dire n’approuve ou ne désapprouve ce qui est dit.

La dimension de congruence indique que le thérapeute doit être profondément en accord avec lui-même, c'est-à-dire conscient de ce qu’il ressent et des émotions que suscite chez lui la personne en thérapie.

Cette attitude lui permet d’accompagner la personne au plus proche de son élaboration dans une écoute compréhensive et chaleureuse, ayant pour objectif de restituer ce savoir à la personne le plus fidèlement possible.

Cette écoute particulière, centrée sur la personne et non sur le savoir du thérapeute, lui permet progressivement, à son rythme propre, de se re-trouver, de se re-prendre, de découvrir enfin, d’elle-même, la direction qui lui convient et donc d’effectuer les changements qu’elle jugera nécessaires afin d’actualiser sa personnalité et de réaliser pleinement son potentiel personnel.

On ne peut véritablement adhérer à cette approche que si l’on conçoit l’être humain et la personne qu’elle constitue comme une entité autonome, à la frontière de l’individuel et de l’universel.

La pratique, la théorie et la recherche précisent clairement que l'approche « centrée sur la personne » repose sur une confiance de base en celle-ci. C’est ainsi que nous considérons la personne en démarche thérapeutique comme détentrice des clés de son organisation actuelle et de son devenir.

Eric KRETZ - Psychologue Clinicien

 

 

Psychologie de la santé - au commencement

INTRODUCTION

La psychologie de la santé est une discipline récente qui s’est développée rapidement et officialisée aux Etats-Unis en 1985 (section 38 de l’American Psychological Association) et en Europe en 1986 sous l’égide d’un universitaire hollandais, Stan Maes, qui fonda l’European Health Psychology Society.
En France, c’est Henri Laborit puis Robert Dantzer qui empruntent des chemins très voisins. Aujourd’hui, Marilou Bruchon-Schweitzer dirige ce courant qui fait partie de la psychologie de la santé. Cette nouvelle discipline réunit les sciences biomédicales et les sciences du comportement humain.


LES FACTEURS FAVORISANTS

Trois facteurs ont favorisé le développement de cette discipline :

1. Actuellement, les causes principales de mortalité sont les maladies chroniques comme les affections cardiaques, les cancers, les affections vasculaires cérébrales et celles du système respiratoire. Les facteurs de risque liés à ces pathologies sont l’hypertension, le tabagisme, la nutrition, le stress, l’alcool. Ces facteurs de risque sont liés à leur tour à certains comportements...
La psychologie étant la science du comportement, les médecins se sont adressés aux psychologues pour aborder ensemble ces problématiques.


2. En second lieu, certains facteurs socio-économiques ont influencé le développement de la psychologie de la Santé. Un effort important s'effectue depuis 1970 pour réduire progressivement les dépenses de santé. Ce thème est encore tout à fait d'actualité : "prévenir vaut mieux que guérir". Il s’agit donc, dans cette perspective, de réduire ces facteurs de risque et d’agir sur les comportements associés à ces facteurs. Il est devenu nécessaire de faire appel aux psychologues pour faire la promotion de la santé et de la prévention.


3. Enfin, la psychologie fournit aujourd'hui une approche scientifique et des méthodes d’intervention efficaces qui permettent d’appliquer ses connaissances au domaine de la santé. La psychologie de la santé s’intéresse à trois domaines distincts :

a) celui des comportements qui peuvent avoir des conséquences physiologiques influençant la santé (p.ex. les situations de stress),

b) celui qui concerne la façon de vivre, des habitudes qui peuvent avoir des effets nocifs sur la santé (p.ex. tabagisme, l’abus d’alcool…),

c) celui qui concerne la façon de faire face à la maladie, ayant une influence sur la santé ultérieure.


PREMIERE DEFINITION

Des chercheurs issus des domaines variés de la psychologie ont entrepris l’étude systématique de patients atteints de diverses maladies, afin de mieux connaître la part jouée par les variables psychologiques dans l’étiologie de ces atteintes et aussi pour mieux comprendre l’évolution du processus pathogène (apparition, aggravation, récidive).

Pour Mattarazzo (1984), la psychologie de la santé est un ensemble des savoirs fondamentaux de la psychologie appliqués à la compréhension de la santé et de la maladie.
Plus précisément, cette discipline consiste en l’étude des facteurs et processus psychologiques jouant un rôle dans l’apparition des maladies et pouvant accélérer ou ralentir leur évolution.

Eva TAZOPOULOU - Docteur en Psychopathologie Clinique

 

 

Psychologie de la santé - les modèles fondateurs

MODELES EXPLICATIFS

La psychologie de la santé s’est construit en intégrant les trois modèles qui ont marqué le XXème siècle en rapport avec les maladies organiques : le modèle biomédical, le modèle épidémiologique et le modèle psychosomatique.


A. Le modèle biomédical

L’idée principale de cette approche est que la maladie est la conséquence d’agents pathogènes externes (traumatismes, virus, facteurs toxiques) et internes (déséquilibres biochimiques). Face à des modifications brutales du milieu extérieur ou intérieur, menaçant l’homéostasie de l’individu, l’organisme mobilise ses ressources pour affronter la menace ou s’épuise si la menace persiste.

Les premiers travaux qui ont envisagé de produire expérimentalement des modifications physiologiques dans un organisme vivant à partir de son fonctionnement psychique, sont ceux de Pavlov. Il découvre le conditionnement, interprètant celui-ci comme un modèle à partir duquel on parviendrait à comprendre l’ensemble des retentissements de la vie psychique sur l’organisme, qu’il soit animal ou humain. Il envisage ce mécanisme comme un produit de l’adaptation.


Selye (1956) poursuit la même démarche et définit le terme de « stress ». La notion de stress désigne selon Selye, la réaction « non spécifique » d’un organisme, en réponse aux stimuli provenant d’un environnement perturbant. En plaçant expérimentalement animaux et humains dans des contextes contraignants, Selye avait l’ambition d’expliquer comment cette situation de contrainte (de nature psychique) pouvait à elle seule, provoquer une altération de l’homéostasie corporelle et déclencher certaines maladies.


Dans ce contexte H. Selye (1956) a décrit le « syndrome général d’adaptation », selon trois phases :

1. phase d’alarme : modifications biologique lors de la première exposition au stress.

2. la phase de résistance : l’organisme lutte contre les facteurs de stress, ses mécanismes de défense sont sollicités.

3. la phase d’épuisement : l’organisme ne dispose plus des ressources énergétiques pour faire face à la situation stressante.


B. Le modèle épidémiologique

Cette méthode consiste à comparer des groupes malades et sains en recherchant tous les facteurs les différenciant (environnementaux, biographiques, psychosociaux…). Les approches épidémiologiques procèdent empiriquement. Elles ont eu plus de succès dans la mise en évidence de facteurs de risque environnementaux qu’avec des facteurs psychogènes. A force de rechercher des critères psychosociaux associés aux diverses maladies puis d’essayer de prédire les maladies à partir des indicateurs, on a aboutit d’une part, à des raisonnements circulaires et d’autre part, à des traits de personnalité disparates.

Des études faites suggèrent l’existence de véritables styles de personnalité « à risques ». il faut sortir des schémas linéaires (cause biologique, ou psychologique, ou sociale = effet pathogène) trop réducteurs, pour rendre compte de l’étiologie multifactorielle des diverses maladies.


C. Le modèle psychosomatique

Le mot « psychosomatique » vient du grec psukhê (âme) et sôma (corps). Il apparaît pour la première fois en 1818 (Heinroth, autrichien) pour designer les maladies où le facteur corporel modifie l’état psychique. La cohabitation corps / psychisme devient au XXème siècle une donnée scientifique incontournable.


L'EMPREINTE PSYCHIATRIQUE AMERICAINE

En cherchant les facteurs constitutifs du fonctionnement psychosomatique, Alexander (1950) et les tenants de l’école du Chicago contribuent à l’édification d’une théorie où la « structure » l’emporte sur « l’élément ».
Dans ce modèle, l’organisation somatique s’articule directement à l’organisation psychique, l’identification du dysfonctionnement de l’une éclairant automatiquement celui de l’autre. Alexander l'interprète en terme de « conflits psychiques ». Il répartit et décrit les « maladies psychosomatiques » en deux grandes catégories : celles qui expriment des tendances agressives refoulées du sujet (hypertension, migraine, diabète) et celles qui traduisent l’inhibition des tendances à la passivité. Les facteurs psychologiques ont une place prépondérante puisque associés à une « vulnérabilité organique innée ». Ils autorisent, par l’agacement spécifique de leur problématique, le déclenchement d’une pathologie devenue de ce fait essentiellement psychosomatique.


Pour Spitz, ses propositions théoriques, classiquement freudiennes, font une part essentielle aux perturbations relationnelles précoces, insistant sur le dysfonctionnement narcissique qu’elles engendrent chez l’enfant.


En 1972, Sifneos, médecin à Boston, propose le terme « d’alexithymie ». Cette notion regroupe les principales caractéristiques du fonctionnement psychique des malades psychosomatiques.
Ce terme traduit la véritable incapacité du patient « d’associer des images visuelles, des fantasmes, des pensées à un état émotionnel spécifique » ou « de nommer leurs sentiments et de les utiliser ».

Sifneos se situe dans le droit-fil d’Alexander. La disposition alexithymique (de nature psychique) apparaît comme un facteur jouant un rôle essentiel dans l’apparition des désordres somatiques.


L'EMPREINTE PSYCHANALYTIQUE FRANCAISE

Pierre Marty et l’école de Paris.

En 1975, Marty P., créer et structure l’hôpital de jour de la psychosomatique. Dans son approche, il s’interdit de donner à la maladie la moindre portée signifiante. Ce qui est déterminant pour lui, c’est la mise au jour de la structure psychique du patient. Sans information sur cette structure il ne convient pas de procéder à une investigation médicale, au sens classique du terme.

Il met à jour la notion de « pensée opératoire », premier aspect d’une vie intérieure opératoire, qui est le reflet d’un fonctionnement mental défaillant. Le second aspect est la « dépression essentielle » qui exprime autrement la même idée, dans la mesure où ce symptôme traduit « l’abaissement de tonus des Instincts de Vie au niveau des fonctions mentales ».

Au sein de même de l'école de paris on constate la présence d’un courant parallèle qui, en adhérant aux thèses de Marty, s'intéresse essentiellement les enfants.
Léon Kreisler et Michel Fain décrivent des dispositions analogues à celles de l’adulte. « A partir de la défaillance d’investissement narcissique du Moi et de l’image du corps d’une part, d’une inélaboration des mécanismes mentaux de défense (mauvaise mentalisation) vis-à-vis de l’objet frustrant, de l’autre, un trouble somatique apparaît ».


Comment expliquer le processus psychosomatique ?

Le modèle explicatif est celui d’une coupure du sujet avec son inconscient, le privant de toute liberté fantasmatique. Ses fonctions mentales, chargées normalement de réguler les affects et les émois, ne peuvent pas remplir leur fonction d’élaboration. La « voie somatique » étant libre, les affects l’empruntent sans avoir été soumis à des contraintes représentationnelles préalables.
« Le soma » apparaît dans cette définition comme la cible des phénomènes pathologiques que « la psyché » n’est pas en mesure d’endiguer.


LES STRATEGIES D'AJUSTEMENT

La psychologie de la santé intègre donc les apports principaux de ces modèles explicatifs tout en proposant des modèles à la fois multifactoriels et interactionnistes.
Cette discipline reconnaît le rôle des déterminants classiques de la maladie d'une part, qu’elle considère comme « antécédents » (caractéristiques biologiques, sociales, biographiques) et ceux qu'elle considère comme « déclencheurs » (événements de vie) d’autre part.

Un même agent stresseur n’a pas le même impact sur différents individus. Ainsi le stress n’est plus considéré aujourd’hui ni comme un simple déclencheur d’états émotionnels et physiologiques particuliers, ni comme une réaction de détresse induite. C’est une véritable transaction entre la personne et l’environnement dans laquelle la situation est évaluée par l’individu comme débordant ses ressources et menaçant son bien-être (Lazarus et Folkman, 1984).

Ce qui est nouveau dans les modèles proposés, est la prise en compte de l’activité des individus qui, loin de subir passivement certains déterminismes (biologiques, psychologiques, sociaux) adoptent vis-à-vis des situations stressantes certaines stratégies :
- perceptives - cognitives,
- affectives,
- psychosociales
- comportementales,
pour « faire face ».

Il existe donc différentes stratégies mises en place par les individus face à des situations stressantes et qui permettent ou non l’ajustement à de telles situations. Confronté à la maladie, l’individu, pour combattre ce vécu psychique pénible, usera de mécanismes d’adaptation à son état : ce sont les « stratégies de coping » ou « stratégie d'ajustement».


Le mot « coping » est, en anglais, le participe présent du verbe « to cope », qui signifie « faire face ». Nous parlons du coping pour designer la façon de s’ajuster aux diverses situations rencontrées. Elaboré par Lazarus et Laurier en 1978, le concept de coping désigne l’ensemble des processus qu'un individu interpose entre lui et l’événement perçu comme menaçant, pour maîtriser, tolérer ou diminuer l’impact de celui-ci sur son bien-être physique et psychologique.

Ainsi, selon Lazarus et Folkman (1984) le coping est défini comme « l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes et externes qui menacent ou dépassent les ressources d’un individu ».

Ce riposte nommé « coping strategy » par les anglo-saxons est connu dans la littérature scientifique française sous le terme « stratégies d’ajustement » (Dantzer, 1989).

Une prédisposition à certaines caractéristiques personnelles sont prises en compte (Moos, 1974). Le coping est spécifique à la personne. Confiance en soi, estime de soi, sentiment d’efficacité personnelle, névrotisme, sont des caractéristiques qui vont favoriser ou pas un coping actif. Les difficultés à faire face sont aussi liées à la structuration de la personnalité comme l’anxiété, la dépression ou les troubles phobiques.

Aussi, le choix des stratégies de coping est dépendant des variables environnementales comme :


la nature du danger, sa durée, sa fréquence
Ainsi les stratégies centrées sur le problème à résoudre sont davantage utilisées si la situation est susceptible de changer, tandis que des stratégies centrées sur l'émotion le sont si la situation ne peut pas être modifiée ou contrôlable.


le soutien social, qui désigne la disponibilité de l’entourage familial, amical et professionnel
Un niveau bas de soutien social dans la vie de l’individu est un facteur de vulnérabilité au stress, alors qu'un niveau élevé de soutien social augmentant la contrôlabilité perçue, émousse les effets du stress et rendrait l’individu davantage à même faire face. (Spacopanet Oscampt, 1988).


Tous ces facteurs ont un impact sur l’évaluation que l’individu fait de ses capacités de contrôle, ce qui est déterminant pour le choix des stratégies d’ajustement. C’est pour cette raison que le coping est un processus changeant, momentané, et qu'il est difficile de l’envisager comme une disposition stable de la personnalité.


LES DIFFERENTES FORMES DE COPING

La taxonomie la plus classique proposée par Lazarus distingue :

le coping centré sur le problème : ensemble des efforts entrepris pour affronter la situation.

le coping centré sur l'émotion : ensemble des tentatives effectuées pour contrôler la tension émotionnelle induite par la situation.

D’après de nombreuses études réalisées, les divers modes de coping se regroupent autour de des axes suivants :

Les stratégies cognitivo-comportementales visant à gérer la situation stressante elle-même ou à modifier son sens : ce sont les stratégies centrées sur le problème ( coping actif ). Le sujet s’oriente vers la tache, la situation stressante, sur laquelle il agit directement. Plus particulièrement, il s’agit de : la recherche d’informations, l’organisation de l’action, la résolution du problème, l’inhibition de l’action.

Les stratégies cognitivo-comportementales ayant pour fonction la régulation émotionnelle : ce sont les stratégies centrées sur l'émotion ( coping passif ). Elles sont centrées sur le sujet lui-même qui tente de contenir les débordements émotionnels et de conserver un équilibre psychoaffectif acceptable. Ces stratégies sont : la réévaluation positive, l’évitement ou le retrait, l’auto-accusation, la réduction de la tension, la vigilance face au stress, la quête significative, la distraction imaginative ou l'évasion.

La recherche de soutien social impliquant le fait de solliciter et d’obtenir l’aide d’autrui. Il s’agit bien dans ce cas d’une stratégie de coping élaborée par le sujet (Greenglass, 1993) et non une caractéristique du contexte social (Rascle, 1994). La recherche du soutien social est une forme de coping centré sur le problème et sur l'émotion. Lorsque le patient cherche des conseils, des informations, la stratégie est centrée sur le problème ; lorsqu'il recherche un soutien, l’objectif est la régulation émotionnelle.


En conclusion il apparaît que les stratégies d’ajustement, centrées sur le problème ou sur la gestion émotionnelle, sont spécifiques à la personne et dépendent de sa qualité structurelle, de son environnement générale, de la qualité de l’agent stresseur et du moment dans la vie du sujet de cette rencontre.

Eva TAZOPOULOU - Docteur en Psychopathologie Clinique

 

 

 
   
 
Cabinet de psychologie pour la formation professionnelle et l'accompagnement personnel